Pourquoi l’expérience ne suffit plus : les nouvelles exigences du rôle de gestionnaire

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Plusieurs gestionnaires ont l’impression de devoir gérer plus d’incertitude, plus de complexité et plus d’attentes qu’il y a quelques années, tout en disposant du même nombre d’heures dans une journée. Ce sentiment n’est pas qu’une impression : le rôle lui-même s’est transformé.

Pendant longtemps, les organisations ont pu s’appuyer sur des modèles de gestion relativement stables. Les gestionnaires étaient principalement appelés à planifier, organiser, diriger et contrôler. Aujourd’hui, la réalité est toute autre.

Les équipes sont plus diversifiées, les technologies évoluent rapidement, les attentes des employés se transforment et les environnements de travail deviennent de plus en plus complexes. Dans ce contexte, être un bon gestionnaire ne relève plus uniquement de l’expérience acquise au fil des années.

C’est aussi une question d’apprentissage continu, d’adaptation et de remise en question de ses propres pratiques. 

Un monde du travail en pleine transformation

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne que les transformations technologiques, économiques et sociales accélèrent l’évolution des compétences nécessaires dans tous les secteurs d’activité. Elle insiste sur l’importance de la formation continue pour permettre aux individus et aux organisations de s’adapter à ces changements.

Pour les gestionnaires, cette réalité est particulièrement marquée.

Les enjeux liés au télétravail, à l’intelligence artificielle, à la pénurie de main-d’œuvre, à la mobilisation des équipes et à la gestion du changement exigent des compétences qui n’étaient pas nécessairement requises il y a dix ou quinze ans. Les façons de motiver, de communiquer, d’exercer son leadership ou d’offrir de la rétroaction doivent elles aussi évoluer.

Des défis interconnectés qui redéfinissent la gestion

Face à la pénurie de main-d’œuvre chronique, le rôle du gestionnaire évolue : recruter ne suffit plus, il faut aussi fidéliser les talents. Cette réalité exige de créer un environnement de travail mobilisateur, où les employés trouvent du sens à leur contribution et disposent d’une certaine flexibilité.  Parallèlement, l’intégration rapide de l’intelligence artificielle transforme les façons de travailler et requiert de nouvelles compétences. Dans ce contexte, le changement n’est plus un événement ponctuel, mais une réalité permanente que les gestionnaires doivent apprendre à accompagner.

Le gestionnaire demeure le principal levier d’engagement

de la force de travail mondiale est sous-engagée ou activement désengagée.
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Les recherches récentes de Gallup démontrent que la qualité du management influence directement l’engagement des employés.

Selon le rapport State of the Global Workplace 2026, seulement 20 % des employés dans le monde se disent engagés au travail, alors que 64 % sont peu engagés et 16 % sont activement désengagés.

Fait particulièrement révélateur, Gallup identifie les gestionnaires comme un facteur déterminant de cette situation. Lorsque les gestionnaires eux-mêmes sont moins engagés ou moins bien outillés, l’effet se répercute sur leurs équipes.

Autrement dit, la performance d’une organisation est souvent intimement liée à la capacité de ses gestionnaires à créer un climat de confiance, à soutenir leurs employés et à clarifier les attentes.

Si les gestionnaires ont une telle influence sur l’engagement de leurs équipes, encore faut-il qu’ils disposent des outils, des réflexes et des approches adaptés aux réalités d’aujourd’hui.

Le piège de l’expérience : pourquoi la réalité du gestionnaire en 2026 n’est plus la même qu’en 2016

L’un des mythes les plus répandus en gestion consiste à croire qu’un gestionnaire devient automatiquement meilleur avec l’expérience. Or, de nombreux spécialistes du développement organisationnel observent plutôt que l’expérience produit de la valeur lorsqu’elle est accompagnée de réflexion, de rétroaction et d’acquisition de nouvelles connaissances.

Un gestionnaire qui applique aujourd’hui exactement les mêmes méthodes qu’il y a dix ans risque de constater que certains outils fonctionnent moins bien. Les employés recherchent davantage d’autonomie, de reconnaissance et de participation aux décisions.  Les approches autoritaires ou strictement descendantes ont souvent moins d’impact qu’auparavant. L’actualisation des pratiques permet donc de conserver ce qui demeure efficace, tout en intégrant de nouvelles approches mieux adaptées aux réalités actuelles.

Les compétences humaines au cœur du rôle de gestionnaire

Si les gestionnaires doivent continuer à maîtriser les aspects techniques de leur fonction, plusieurs études démontrent que les compétences humaines occupent désormais une place centrale.  La capacité

  • d’écouter;
  • de communiquer clairement; de donner une rétroaction constructive;
  • de gérer les conflits;
  • de reconnaître les contributions des employés.

Sont les éléments qui influencent directement la qualité du climat de travail et la performance des équipes.

Le gouvernement du Québec souligne d’ailleurs, dans son Référentiel de compétences du gestionnaire-leader, l’importance de mobiliser les personnes, de faire preuve d’agilité et de soutenir le développement continu des talents.

Ces attentes dépassent aujourd’hui largement le cadre de la fonction publique et s’appliquent à l’ensemble des organisations.

Concrètement, le gestionnaire d’aujourd’hui doit :

  • comprendre ce qui motive réellement les employés;
  • adapter son style de leadership selon les situations;
  • communiquer avec clarté et authenticité;
  • reconnaître les contributions et les réussites;
  • accompagner le développement des compétences;
  • favoriser la responsabilisation plutôt que le contrôle excessif.

Plus qu’un superviseur, il devient un facilitateur de la performance collective et du développement des talents.

Un investissement nécessaire

L’actualisation des pratiques de gestion ne devrait pas être perçue comme une obligation supplémentaire. Il s’agit plutôt d’un investissement qui profite à la fois au gestionnaire, à son équipe et à l’organisation. En développant ses habiletés de gestion, un gestionnaire accroît sa capacité à prendre du recul, à mieux comprendre les dynamiques humaines et à intervenir plus efficacement dans les situations complexes. Il devient également mieux outillé pour accompagner ses collaborateurs dans un contexte où les attentes, les technologies et les façons de travailler évoluent rapidement.

Pour aller plus loin

Savoir qu’il faut évoluer est une chose; savoir par où commencer en est une autre.  Pour plusieurs gestionnaires, la formation constitue un moyen concret de prendre du recul, d’acquérir de nouveaux outils et d’échanger sur les enjeux auxquels ils font face. Pour les gestionnaires qui souhaitent réfléchir à leur rôle, approfondir leur compréhension des leviers de motivation, développer leur leadership et perfectionner leurs habiletés de communication et de rétroaction, il peut être pertinent d’explorer des démarches structurées de développement professionnel.

La formation Actualisation des habiletés de gestion propose notamment un parcours axé sur :

  • la relation de supervision;
  • la motivation;
  • le leadership situationnel;
  • la communication;
  • le feedback.

afin d’aider les gestionnaires à mobiliser leurs équipes tout en atteignant les résultats attendus.

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Références

  • Gallup — State of the Global Workplace 2026 [gallup.com]
  • Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) — Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2025 [oecd.org]
  • Gouvernement du Québec — Référentiel de compétences du gestionnaire-leader de la fonction publique québécoise [tresor.gouv.qc.ca]

9 juillet 2026 – Cet article a été rédigé par la responsable des communications numériques avec le soutien des outils en Intelligence Artificielle.

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